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mercredi 27 avril 2011

Un site d'info locale, ça n'existe pas

Un site d'info locale, ça n'existe pas. Ce que je veux dire par là, c'est qu'un site Internet n'est pas viable s'il fait de l'info locale et uniquement de l'info locale.
La preuve c'est que la plupart des sites Internet issus des journaux de la PQR se sont mis, petit à petit, à faire de l'info nationale et internationale. Il n'est ainsi pas rare de trouver dans Google News Le Telegramme comme première source sur le conflit en Libye, ou La Dépêche sur un sujet de société qui dépasse très largement les frontières de sa zone de diffusion.
Pourquoi ? Tout simplement parce que si la PQR ne traitait que les infos de sa zone de diffusion, l'audience de ses sites Internet serait environ 30% plus faible que ce qu'elle est aujourd'hui.
Ces 30% (environ 20% pour Sudouest.fr) correspondent grosso modo à l'audience apportée par les moteurs de recherche. En clair, par Google et particulièrement Google News.
Si les sites de PQR ne faisaient que de l'info locale, leur audience serait faible, leurs ressources publicitaires confidentielles, leur influence minime.
Toute la difficulté réside dans ce juste équilibre à trouver entre l'info locale et l'info nationale et internationale.
Comme sur le papier finalement, non ?

mardi 26 avril 2011

Pour en finir avec le buzz (épisode 1)

Le nombre de commentaires d'un article sur un site d'info de la PQR suscite toujours beaucoup... de commentaires. La plupart du temps, les journalistes s'étonnent du débat qui s'ouvre sous leurs yeux et le commentent en expliquant qu'il s'agit très probablement d'un "buzz".
Ah le buzz, ce mot fourre-tout et déjà désuet qui permet d'expliquer que sur le web on en parle. Et que par conséquent on en parle en dehors des frontières du département concerné par l'affaire. Et donc que cette histoire vaut vraiment le coup qu'on en parle.
Cherchez dans les pages des quotidiens et vous verrez que le mot "buzz" est désormais cuisiné à toutes les sauces. Une pauvre association de danse crée une page Facebook et compte 63 fans en 5 jours et hop, c'est un buzz.
Je prends le pari que dans 5 ans, on ne parlera plus de buzz, tellement ce mot ne voudra plus rien dire. En tout cas j'espère bien gagner mon pari.
Mais revenons à nos commentaires. D'abord à partir de combien de commentaires peut-on considérer qu'un sujet est très commenté ? Allez, disons 300 sur Sudouest.fr. Ce qui doit faire doucement sourire à La Provence, qui en a tranquillement plus de 800 pour un article sur l'OM.
Si les journalistes s'étonnent du nombre de commentaires d'un article c'est tout simplement parce qu'ils ne sont pas (plus ?) habitués à dialoguer avec ceux pour qui ils écrivent. C'est le journalisme de surplomb, le journalisme de magistère dont parle très bien Eric Scherer. En oubliant parfois qu'ils s'adressent à une audience, en ayant oublié aussi que cette audience pouvait leur répondre, les journalistes redécouvrent avec les commentaires, qu'il y a une vie en dehors des cercles qu'ils fréquentent. Et cela concerne autant le localier que l'accrédité à Matignon.
Parce que l'audience fait peur, soyons très clairs sur ce point. Combien de fois entend-on dans une rédaction à propos d'un sujet censé faire polémique : "Ouhla, on va recevoir du courrier !" Et de fait, du courrier on n'en reçoit pas. Ou très peu. En revanche on a des commentaires sur le site mais pas toujours sur le sujet pour lequel on s'attendait à en recevoir. Vous me suivez toujours ?
La moralité de cette histoire, c'est que, comme le dit depuis longtemps Jean-François Fogel, l'audience a toujours raison. Et même s'il ne s'agit pas de lui donner exclusivement ce qu'elle demande, il serait peut-être temps de l'écouter, après avoir admis qu'elle existe.

lundi 25 avril 2011

On n'attrape pas les lecteurs avec du vinaigre

motards-bienvenue-a-perigueux.jpgQuand ça va mal il faut toujours trouver un fautif. Et la presse papier va mal. C'est pas un scoop. J'ai bien dit la presse papier. Parce que la presse écrite, elle, se porte plutôt bien.
Toujours est-il que cette presse papier qui va mal cherche un responsable, des responsables, des fautifs, des raisons à sa dégringolade. Et elle les trouve : bon sang mais c'est bien sûr, c'est Internet qui tue la presse papier ! Ou même qui l'a déjà tuée. C'est Internet qui a tué la PQN et qui tue à petit feu la PQR. C'est évident puisqu'il est sûr et certain qu'à Carcen-Ponson (40400), tous les matins on se jette sur Internet pour savoir ce qu'il s'est passé dans la commune. Et donc que l'on n'achète plus le quotidien régional qui nous vend pourtant cette information exclusive : "L'entente omnisports se distingue".
Non, Internet n'est pour rien dans tout ça. Absolument rien. Pour deux raisons (1):
- La première c'est qu'Internet n'est pas un effet mode, un gadget, une passade. C'est une des grandes révolutions de l'évolution humaine. Oui, ça fait un peu pompeux et solennel dit comme ça, mais c'est pourtant la stricte réalité. Internet est entré dans l'Histoire tout comme l'invention de l'imprimerie ou la révolution industrielle. C'est ainsi.
- La seconde, c'est que l'on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre comme disait ma grand-mère. Et expliquer à l'habitant de Carcen-Ponson qu'il doit absolument sortir un euro de sa poche pour apprendre que l'entente ominisports s'est distinguée, avouez que ça sent fort le vinaigre.
J'étais persuadé Je voulais être persuadé que le débat Internet/Papier avait vécu. Que les entreprises de presse ayant fait le choix du web, leurs rédactions allaient, bon an mal an, doucement mais sûrement, admettre et comprendre que leur métier passait maintenant par le web et surtout arrêter de penser qu'elles se tirent une balle de chevrotine dans les deux tibias en donnant des informations sur leurs sites web. Tout faux.

(1) Si vous voulez 5 raisons de plus elles sont ici.

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