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mercredi 19 octobre 2011

La vidéo va-t-elle sauver la PQR ?

On n'échappe plus à cette question : "et vous, vous en faites de la vidéo ?"
Comme il y a quelques mois, la question régulièrement posée à la cantonade de la rédaction web par un confrère du papier était : "Vous allez venir faire une vidéo ?" Ou pire : "Vous ne venez pas filmer le débat sur l'architecture qui dure 4 h 30 et qui est super intéressant et que vous pourrez mettre sur le site ensuite ?"

Les rédactions des journaux ont même tenté d'adopter un vocabulaire qu'ils entendaient de la bouche de leurs confrères de la télé ou de la radio croisés sur le terrain, ou qu'ils avaient vaguement intercepté lors de leurs cours en école de journalisme. On entendait parler de rush, de capsule (?!)...

Aujourd'hui il semblerait que les annonceurs de PQR soient demandeurs de pubs en vidéo. Cela dit, on les comprend. Vus les tarifs pratiqués par les grandes chaînes de télé, un spot de 30 secondes sur un site de PQR sera toujours beaucoup plus abordable qu'un prime sur TF1.

On peut s'en réjouir évidemment. Cela voudrait dire que la PQR intéresse toujours les annonceurs (c'est un fait, mais ça va toujours mieux en le disant).
Malgré tout, la toute première question à se poser c'est : quel contenu éditorial ?

Les expériences menées en PQR tendent à prouver que l’information dite « de petite locale » a beaucoup de difficultés à trouver une audience.
Exemple avec cette vidéo choisie au hasard sur le site de la Nouvelle République et visionnée 80 fois en une journée : http://goo.gl/nzzcP
Le Telegramme, qui s’est doté de moyens un peu plus importants, ne semble pas obtenir de résultats plus flatteurs, tant en audience qu'en contenu éditorial. Exemple ici avec une manifestation à Saint-Brieuc : http://goo.gl/a1LFX
Le Parisien semble un peu plus heureux. Grâce à la plus forte audience des sites de PQR, il obtient quelques succès avec certaines des vidéos qu’il produit. Succès relatif cependant lorsque l’on y regarde de plus près puisque les trois vidéos les plus vues du Parisien sont :
  1. Le casse toi pov’con de Sarkozy (acheté à un internaute) : http://goo.gl/2jcM2
  2. Un reportage dans un club de striptease : http://goo.gl/YfDLF
  3. Un reportage dans le village de Nafissatou Diallo (par l’AFP) : http://goo.gl/Wylpc
En revanche, la vidéo de la manifestation du 11 octobre à Paris (http://goo.gl/Rzmeh), 80 vues, celle de deux ingénieurs de l’Oise primés (http://goo.gl/Q9G6h), 1900 vues, ou même celle de la rénovation du premier étage de la Tour Eiffel (http://goo.gl/K7lN3), 800 vues ont du mal à trouver leur public.
A l'inverse, une vidéo sur de l'info dite "chaude" et particulièrement du fait divers peut trouver son public. C’est le cas notamment de ces 58 secondes (seulement) tournées par MidiLibre.fr suite à un accident qui avait fait deux morts sur l'autoroute A9 : http://goo.gl/2UbHx
Autre exemple qui marche, l'actu à dimension nationale traitée localement. Comme ici avec ces 2 mn 04 d'entraînement de l'équipe de France de basket-ball (http://goo.gl/427T1) qui dépassent les 10 000 vues sur le site de la République des Pyrénées.

Un site de PQR ne peut pas se contenter de l'information écrite locale et régionale. Mais comment appliquer ce principe à la vidéo ?
On voit mal à ce jour, une équipe de journalistes web de la PQR débarquer à la sortie d'un conseil des ministres. Il faut donc trouver une troisième voie entre l'autoroute de l'info en vidéo et le chemin cahoteux de la pleine campagne. Sans doute en faisant des choix très précis des sujets traités, en privilégiant les sujets qui ont une portée largement régionale voire au-delà et surtout en apprenant, en se formant.
La vidéo c'est un métier et l'à peu près serait particulièrement préjudiciable pour l'image de la PQR.
La preuve... en vidéo.


10 conseils pour réussir son reportage vidéo par Hesterlala

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