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lundi 14 novembre 2011

Pour en finir avec le buzz (épisode 2)

S'il faut retenir une seule page du livre deTitiou Lecocq et Diane Lisarelli publié ces jours-ci aux éditions Robert Laffont et intitulé "Encyclopédie de la web culture", c'est sans aucun doute la page 32. Celle qui donne la définition de "Buzz", sous-titrée "Mot interdit".
La définition est courte, concise, précise et mériterait sans doute d'être affichée dans toutes les rédactions du pays. Amusez-vous à taper "fait le buzz" dans Google actu et vous comprendrez vite de quoi je parle.
Toujours est-il que les auteures ont surligné en bleu cette phrase qui marche aujourd'hui très bien avec "buzz", mais qui a aurait eu un succès fou il n'y a pas si longtemps avec "Au jour d'aujourd'hui", "Acter" ou "Impacter". La voici :
A en croire les médias, aujourd'hui tout "fait le buzz", si bien que plus rien ne le fait.
Et la définition se termine ainsi :
En pratique, le principal intérêt de l'entrée du mot dans la langue française se limite aux points qu'il peut faire gagner à celui qui le posera sur un plateau de Scrabble (à l'aide la lettre joker). L'intéressé fera alors le "buzz" auprès de ses amis. 
Pour en finir avec le buzz (épisode 1)

mardi 26 avril 2011

Pour en finir avec le buzz (épisode 1)

Le nombre de commentaires d'un article sur un site d'info de la PQR suscite toujours beaucoup... de commentaires. La plupart du temps, les journalistes s'étonnent du débat qui s'ouvre sous leurs yeux et le commentent en expliquant qu'il s'agit très probablement d'un "buzz".
Ah le buzz, ce mot fourre-tout et déjà désuet qui permet d'expliquer que sur le web on en parle. Et que par conséquent on en parle en dehors des frontières du département concerné par l'affaire. Et donc que cette histoire vaut vraiment le coup qu'on en parle.
Cherchez dans les pages des quotidiens et vous verrez que le mot "buzz" est désormais cuisiné à toutes les sauces. Une pauvre association de danse crée une page Facebook et compte 63 fans en 5 jours et hop, c'est un buzz.
Je prends le pari que dans 5 ans, on ne parlera plus de buzz, tellement ce mot ne voudra plus rien dire. En tout cas j'espère bien gagner mon pari.
Mais revenons à nos commentaires. D'abord à partir de combien de commentaires peut-on considérer qu'un sujet est très commenté ? Allez, disons 300 sur Sudouest.fr. Ce qui doit faire doucement sourire à La Provence, qui en a tranquillement plus de 800 pour un article sur l'OM.
Si les journalistes s'étonnent du nombre de commentaires d'un article c'est tout simplement parce qu'ils ne sont pas (plus ?) habitués à dialoguer avec ceux pour qui ils écrivent. C'est le journalisme de surplomb, le journalisme de magistère dont parle très bien Eric Scherer. En oubliant parfois qu'ils s'adressent à une audience, en ayant oublié aussi que cette audience pouvait leur répondre, les journalistes redécouvrent avec les commentaires, qu'il y a une vie en dehors des cercles qu'ils fréquentent. Et cela concerne autant le localier que l'accrédité à Matignon.
Parce que l'audience fait peur, soyons très clairs sur ce point. Combien de fois entend-on dans une rédaction à propos d'un sujet censé faire polémique : "Ouhla, on va recevoir du courrier !" Et de fait, du courrier on n'en reçoit pas. Ou très peu. En revanche on a des commentaires sur le site mais pas toujours sur le sujet pour lequel on s'attendait à en recevoir. Vous me suivez toujours ?
La moralité de cette histoire, c'est que, comme le dit depuis longtemps Jean-François Fogel, l'audience a toujours raison. Et même s'il ne s'agit pas de lui donner exclusivement ce qu'elle demande, il serait peut-être temps de l'écouter, après avoir admis qu'elle existe.