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jeudi 2 juin 2011

#eg8 : supercherie ou première historique ?

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Puisque tout le monde y va de son analyse et de ses commentaires sur le e-G8 qui avait lieu au Jardin des Tuileries à Paris les 24 et 25 mai, je me lance aussi.
J'ai passé deux journées studieuses aux Tuileries et je n'ai pas eu l'impression d'y perdre mon temps.
Certes chacun pourra avoir son avis sur le discours d'ouverture de Sarkozy, sur cette théorie de l'Internet civilisé, sur la dictature du e-business, sur l'absence de certains acteurs importants de l'Internet mondial.
Quelqu'un a expliqué pendant ce forum, que ceux qui feront le web des 5 à 10 ans à venir n'étaient pas là, d'autres ont regretté que la CNIL ne soit pas invitée. Ce n'est pas faux et sans doute regrettable.
Malgré tout, un colloque, appelons-le comme ça, qui réunit sur deux jours : Mark Zuckerberg (Facebook), Eric Schmidt (Google), Rupert Murdoch (News Corp.), Arthur Sulzberger (New York Times), John Donahoe (eBay), Antoine Gallimard, Pascal Nègre, Jeff Jarvis, Lawrence Lessig, Yuri Milner, John Perry Barlow, Hiroshi Mikitani, Sean Parker, Xavier Niel, Jimmy Wales et beaucoup d'autres doit-il être résumé d'un simple : "L'e-G8 Internet fait Pschitt" ?
Personne n'est dupe. Il est bien évident que l'Elysée et Publicis (organisateur du eg8) ont soigneusement sélectionné leurs invités, soigneusement choisi les questions qui leur étaient posées, soigneusement préparé, peut-être à l'avance, le communiqué qui a été soumis aux chefs d'Etat et de gouvernements du G8 de Deauville. Publicis n'est pas pour rien l'un des plus grands groupes de communication au monde...
Il est vrai aussi que certaines conférences engageaient plus à la sieste qu'à la prise de notes, que certains ateliers ont accouché de belles grosses souris et que quelques intervenants étaient parfois à côté de la plaque.
En revanche, pourquoi ne pas dire que l'intervention de Zuckerberg valait la peine qu'on l'écoute attentivement, que les déclarations d'Eric Schmidt étaient d'une grande cohérence et que le débat Mitterrand/Nègre/Barlow sur la propriété intellectuelle, ponctué par l'intervention de Jérémie "On n'est pas des voleurs" Zimmermann (La quadrature du Net), aussi décousu et parfois surréaliste soit-il, a eu le grand mérite de montrer qu'il y a deux mondes (au moins) au coeur de l'Internet mondial.
Mais n'est-ce pas là le propre d'un forum ?
Comment les défenseurs de "l'Internet libre et accessible à tous", pouvaient imaginer qu'il en serait autrement pour cette première mondiale ? D'autant que ceux-là se sont offert une tribune qu'ils n'auraient sans doute pas eue ailleurs en organisant au coeur du eg8, une conférence de presse dénonçant... le eg8.
La seule chose que l'on puisse craindre du e-G8, finalement, c'est le souhait qu'a émis Nicolas Sarkozy sur son avenir. J'ai bien entendu que le président de la République proposait, en substance, d'organiser ce forum chaque année.
Là, il paraît évident qu'un contre sommet s'imposera.

samedi 28 mai 2011

Verbatim de Mark Zuckerberg au e-G8


Je retranscris ici les notes que j'ai prises lors de l'intervention de Mark Zuckerberg le 24 mai au e-G8.
Zuckerberg intervenait en clôture du e-G8. Il était interrogé par Maurice Levy, Pdg de Publicis.

A propos de la réussite de Facebook : 
Internet permet à chacun de se faire entendre. Donc c’est un outil très puissant.
D’un côté la puissance d’Internet et de l’autre le réseau privilégié des amis et de la famille. Je crois que c’est ce mélange qui a fait le succès de Facebook.
Informatique et psychologie sont les deux racines de Facebook.
J’ai appris dans mes études de psychologie que les visages sont extrêmements riches en informations.

La raison pour laquelle Facebook n’est pas encore hégémonique c’est qu’il y a la possibilité de conserver son anonymat sur un réseau social
Idéalement la transparence permet au meilleur produit de remporter la mise. Nous allons vers un monde dans lequel les meilleurs produits peuvent surnager.

A propos du partage de données privées sur Facebook : 
 Les gens doivent fixer leurs propres limites. Certains choisissent de tout partager d’autres pas grand chose. Il y a 10 ou 20 ans, les gens auraient déclaré qu’ils ne voulaient rien partager de manière publique.
Aujourd’hui les gens trouvent de la valeur dans cette forme de partage.
Les utilisateurs savent choisir les entreprises auxquelles ils peuvent faire confiance.
A l’arrivée ce sont toujours les meilleurs services qui gagnent.

A propos des tendances sur Internet dans les 5 à 10 ans à venir : 
La tendance qui consiste à partager ce que l’on veut restera la grande tendance pour les 5 ou 10 années à venir.
Nous allons bientôt voir surgir la musique sociale, l’information, les livres, les films... Est-ce que Facebook va le faire ? Non, aucune chance. Mais nous avons un rôle à jouer pour permettre à ce genre d’entreprises d’être créées.
Les entreprises de musique qui vont réussir seront celles qui comprennent la musique et les gens. Ce sera la même chose pour le cinéma etc...

A propos de l'influence de Facebook sur le printemps arabe : 
Lorsque les gens ont la possibilité d’exprimer leurs opinions, des choses tout à fait intéressantes peuvent se produire.
Facebook n’a été ni nécessaire ni suffisant pour aucun de ces mouvements.
Nous sommes en train de refaire le monde en permettant aux gens de communiquer avec leurs amis, leurs familles, mais aussi cela permet aux gens de faire entendre leur voix en matière de gouvernance.
Mais ce n’est pas Facebook, c’est l’Internet qui a fait tout ça.
Ce que les médias ont un peu déformé, c’est que les outils utilisés par les gens sont les mêmes, que ce soit pour partager des choses triviales ou pour s'exprimer dans un contexte politique.
Je pense que les supports utilisés vont peut-être changer mais les réseaux sociaux et cette tendance à partager vont persister. Et je crois que c’est très positif.

A propos de la confidentialité des données sur Facebook : 
Parfois on regarde ce qu’affichent les gens et les sujets de conversation. On analyse le degré de bonheur des gens. Anonymement. Si vous regardiez tous les partages à travers le système il s’agirait de petits sujets. On ne peut pas faire le tri entre ce qui va changer le monde et ce qui est quotidien.

A propos de ses objectifs :
Je veux donner le pouvoir aux gens de partager, ouvrir encore plus le monde. Je crois que c’est d’une grande valeur et qu’il faut lutter pour que cela se passe bien. Voilà ce qui est important pour moi.
Je crois que l’on est beaucoup plus près du début que de la fin.