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lundi 17 octobre 2011

Gratuit/payant, le gimmick des rédactions de la PQR

Il faut croire que tant qu'il y aura des journaux imprimés sur papier et tant qu'ils auront des sites Internet, le débat gratuit/payant continuera. C'est le gimmick des rédactions de la PQR sur l'air du "on se tire une balle dans le pied en donnant gratuitement sur Internet des infos que nous vendons sur le papier".
On ne peut pas nier qu'il y a vraisemblablement un effet web sur les ventes des quotidiens papier. Pas besoin de consulter des études poussées pour s'en rendre compte : mon voisin et ma grand-mère lisent moins le journal qu'avant. C'est un fait. En revanche, mon voisin et même ma grand-mère sont plus connectés en 2011 qu'ils ne l'étaient en 2002.
Seulement, on veut aussi nous faire croire que la chute des ventes papier est tout aussi exponentielle que la croissance des audiences Internet.
Alors puisque c'est de chiffres dont on nous parle, penchons nous sur ces chiffres.
Avec un premier tableau qui concerne ce grand régional qu'est Ouest France et qui met face à face la diffusion payée et l'audience web d’octobre 2010 à juin 2011.



Ce que l'on constate, c'est que, si la diffusion payée s'étiole légèrement, l'audience web, elle progresse tranquillement.
On pourra toujours dire que Ouest France est un cas à part, parce que c'est le premier quotidien régional français, parce que toute sa petite locale n'est pas en accès libre et gratuit sur son site Internet... Parce que la diaspora bretonne, parce que le temps qu'il fait... Soyons clairs, tous les journaux et tous leurs sites Internet sont des cas à part.
Regardons maintenant le cas de Sud Ouest sur la même période.


On constate le même tassement de la diffusion payée que pour Ouest France. En revanche, la croissance de l'audience web est beaucoup plus prononcée. Logique quand on sait que Sud Ouest a mis en ligne un nouveau site en avril 2010 qui a considérablement augmenté sa visibilité sur le web.
Toujours est-il qu'il est quand même difficile, à la lumière de ces chiffres, d'affirmer catégoriquement que le web tue le papier.
C'est encore plus flagrant lorsque l'on se place sur une période beaucoup plus longue. Par exemple lorsque l'on compare la diffusion payée de Sud Ouest à son audience web depuis 2002.
Voilà le tableau.


Ce qui est flagrant ici, c'est que la diffusion a certes diminué, mais surtout que l'audience Internet a considérablement augmenté. Et on peut même ajouter que si la diffusion payée avait diminué autant que l'audience web a augmenté, sans doute que Sud Ouest ne vendrait plus un seul journal en 2011.

Alors juste pour rigoler, extrapolons. Sachant que l'audience web de Sud Ouest a progressé de 1615% entre 2002 et 2010, si la diffusion payée avait diminué d'autant, combien Sud Ouest aurait-il vendu de journaux chaque jour en 2011 ? Réponse : - 4,8 millions de journaux.
Evidemment ce calcul n'a pas de sens, mais il montre qu'il faudra sans doute un jour se résoudre à reconnaître qu'Internet n'est pas le choléra de la presse papier. Sans doute ce jour viendra-t-il lorsque le chiffre d'affaires des sites web des médias traditionnels représentera un quart, un tiers voire la moitié du CA global de des journaux.

mercredi 1 juillet 2009

Aujourd'hui, tous blogueurs


En lisant tout à l'heure un post de Benoit Raphael, redac chef du Post.fr, je me suis demandé un instant s'il n'avait pas raison.. Après tout, a-t-on encore besoin de l'AFP ? Sur le web on trouve toutes les infos, souvent avant même que l'AFP ne les donne. Et Raphael racontait comment certains titres de PQR se posent très sérieusement la question de savoir s'ils ne vont pas se passer des services de l'Agence France Presse.
Pourtant, j'ai toujours pensé qu'il n'y avait que deux sortes de journalistes : les agenciers et les localiers. Point barre. Les porteurs de micros et les hommes ou femmes troncs derrière des prompteurs pratiquent un autre métier.
Oui je sais : je ne suis plus localier et je n'ai jamais été agencier. Nul n'est parfait. Sauf qu'aujourd'hui, l'info venue d'Iran arrive par Twitter, puisque tous les journalistes se sont fait virer du pays. Alors évidemment elle arrive en vrac et en 140 signes maxi. Derrière il faut troier, vérifier, hiérarchiser, analyser. C'est pas un travail de journaliste ça ?
Si, comme le raconte Raphael, un patron de presse décide de ne plus payer plusieurs dizaines de milliers d'euros son abonnement à l'AFP et qu'à la place il embauche des journalistes, va-t-on vraiment y perdre au change ?
Pas sur le contenu. Imaginez un monde où l'AFP n'est plus la source principale de la quasi totalité des médias français. Imaginez des journaux où l'on ne trouverait pas les mêmes sujets, traités avec les mêmes dépêches AFP réécrites. Imaginez les revues de presse sur les radios le matin. Imaginez un monde où l'on achèterait un journal, où l'on consulterait un site pour son contenu. Pour sa différence. Pour son parti pris dans le traitement de l'actualité.
Quoi ? C'était comme ça avant ? Sans blague ? Je suis en train de réinventer le journalisme à papa ?
Ce qui est sûr, c'est que ce métier change. Il a déjà changé avec les quotidiens gratuits, avec le web. Et il est grand temps que les journalistes de la vieille presse (dont je suis) s'en rendent comptent, réfléchissent, débattent.
Parce que jusqu'à il y a peu, la télé faisait la loi. Gavés par TF1, les téléspectateurs gobaient de l'info en buvant des bières. C'est terminé. Pour la génération qui vient, qui est là, la télé n'est plus une référence. Cette génération surfe sur le web et mange bio (enfin pas tous...)
Vive les journalistes bio.

Ps : Ce qui ne répond pas à la question essentielle : vérifier l'info à la source.... J'y reviendrai.

Ps2: Aux trois websurfers paumés qui liraient ce post et ce blog, je l'annonce d'entrée : je ne relis pas, je ne corrige pas. Pas le temps, pas envie. La flemme.